Au Havre, Edouard Philippe prend le large

Par Mathys Dufresnoy

Si l’ancien premier ministre et maire du Havre Edouard Philippe s’était fait discret ces derniers mois, il l’était beaucoup moins le 9 octobre dernier au Carré des Docks.

Un Horizon… plutôt lointain

L’ancien homme d’Etat a réuni ses soutiens, la presse et certains spectateurs extérieurs afin d’évoquer sa conception de la France, de la République et… son projet politique.

Coup de poker (ou pas) Edouard Philippe en profite pour lancer son nouveau parti « Horizons ». Mais alors, quels horizons ?

Dans une France qui fait face aux échéances rapprochées de la prochaine élection présidentielle et qui voit les partis de gauche et de droite traditionnels se déchirer entre plusieurs candidat.es, Edouard Philippe a-t-il trouvé la solution ?

La réponse est non. Enfin, peut-être, mais pas maintenant. C’est globalement ce qu’il faudrait retenir du rassemblement et du lancement du parti. L’Horizon : l’idée d’une possible candidature à la présidence de la république est ainsi fixée à 2027.

« Horizons » doit-il faire peur à la majorité ?

Si l’ancien premier ministre veut objectivement marquer une rupture avec LREM et Emmanuel Macron, il a rappelé lors de cette rencontre qu’il ne se porterai pas candidat en 2021 et surtout, que lui et son parti apporteraient leur soutien au Président de la République et à la majorité.

Alors finalement, les électeurs sont en droit de se demander si « Horizons » n’est pas juste un satellite plus traditionnel que LREM, voulant assurer une transition idéologique en 2017. Le programme présenté aujourd’hui n’est d’ailleurs pas réellement en rupture avec la politique menée par le gouvernement actuel.

Une question se pose également avec la création d’Horizons : que deviendra LREM après un hypothétique second mandat d’Emmanuel Macron ?

Edouard Philippe l’a rappelé, « Horizons » se construit au fur et à mesure et prend le temps de se structurer. La majorité était étonnée du soutien de l’ancien premier ministre, le jour du lancement de son parti.

Un lancement qui n’a pas chamboulé l’échiquier politique.

Le lancement du parti d’Edouard Philippe date d’il y a un mois mais que peut-on constater aujourd’hui, dans la course à la présidentielle ?

Ce qui est sûr, c’est qu’Emmanuel Macron reste en tête dans la plupart des sondages, crédité à 25% par IFOP le 3-5 novembre au second tour face à Eric Zemmour, qui rassemblerait 17% des voix. Dans toutes les enquêtes récentes, la droite s’effondre et laisse place à l’extrême droite avec deux options, soit Marine Le Pen, soit Éric Zemmour.

Le prochain Congrès des Républicains devrait pouvoir désigner un.e candidat.e à la présidentielle et donc rassembler plus de voix. Du côté de la gauche, Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise peinent à atteindre les 10% et Anne Hidalgo rassemble 7% des voix dans le même sondage IFOP, avec Yannick Jadot, qui pourrait rassembler 7% également.

En clair, pas d’union de la Gauche qui n’apparait pas avoir sa place au second tour. Pas non plus d’union à droite, qui se trouve éjectée par l’extrême droite.

Alors, la création du parti d’Edouard Philippe n’aura qu’un effet de nouveauté, mais toujours est-il que l’intérêt des médias et des électeurs ne semble pas au rendez-vous.

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